Francesca s'est approchée de la
baie vitrée pour
contempler la mer. Les deux femmes n'ont pas bougé. Elles se
sont regardées longtemps, sans un mot. Il était
là, le partage : à l'une la vie, à
l'autre l'enfant.
Quand la jeune femme est revenue enfin vers elles, Louise a eu un geste
très doux. Très lent. Elle a posé sa
main au ralenti sur la chevelure interminable. Elle a levé
vers elle un regard éperdu. Sur ce visage, si semblable
à celui des jumelles de la Villa Fermi. Ces joues hautes et
rosies par la fraîcheur.
Et, estompée par le hâle léger de la
peau, cette petite tache. Juste un point plus sombre sur la pommette
gauche, à peine visible.
Quand la mère et la fille sont parties pour de bon, Louise
est restée à chercher elle aussi une
bouée sur l'eau à laquelle arrimer ses yeux.
Il faut croire qu'il n'y avait rien d'autre à faire,
ici-bas.